Deuxième conférence du Bassin du Congo - cérémonie de clôture : la Déclaration de Yaoundé consolide l’engagement des acteurs de l’agroécologie et de la sécurité alimentaire
Deuxième conférence du Bassin du Congo - cérémonie de clôture : la Déclaration de Yaoundé consolide l’engagement des acteurs de l’agroécologie et de la sécurité alimentaire

La Déclaration de Yaoundé s’illustre comme l’un des résultats majeurs de la deuxième conférence du Bassin du Congo, tenue du 25 au 27 août 2026 à l’hôtel Franco dans la capitale camerounaise. Rendue publique par lecture en quatre langues (français, anglais, espagnol et portugais) lors de la cérémonie de clôture, elle met en exergue les principaux engagements pris de commun accord par les acteurs clés de l’agroécologie et de la sécurité alimentaire en Afrique.

Parmi ces acteurs clés, on retrouve en bonne place les organisations paysannes, peuples autochtones, communautés locales et mouvements de consommateurs, de femmes et de jeunes. Ceux-ci s’engagent à réajuster leurs pratiques sur de multiples aspects organisationnels dans le cadre de leurs actions agroécologiques. Cet engagement consiste notamment à «animer des champs-écoles paysans, des banques communautaires de semences et des formations de paysan à paysan», à promouvoir la campagne intitulée «Mon alimentation est africaine», à documenter et défendre les traditions semencières et alimentaires africaines, et à ouvrir la moitié des postes de direction aux femmes, aux jeunes et aux autochtones.

Les organisations et réseaux de la société civile pour leur part, prennent l’engagement de faciliter la concertation à l’échelle du bassin, de partager les données et les outils disponibles, de traduire les principaux documents sur l’agroécologie dans les langues nationales et vernaculaires, de renforcer les capacités de plaidoyer des organisations les plus proches de la terre plutôt que de se substituer à elles, et de rendre des comptes aux communautés qu’elles servent.

On retrouve dans la foulée des engagements, une multitude d’entités incluant gouvernements, institutions publiques, communautés économiques et institutions régionales, chercheurs, institutions académiques, secteurs privés, médias et plateformes de communication... Tous acceptent de lier leur responsabilité par des promesses fermes et des actes concrets, en somme, de se consacrer activement à la cause mise sur la table de discussion. Ainsi, dans un futur proche, des actions d’harmonisation des politiques seront élaborées, des programmes de formation à l’agroécologie seront conçus, des recherches-actions participatives seront initiées, des pratiques favorisant la déforestation seront supprimées, et les sujets liés à la souveraineté alimentaire seront traités comme des questions d’intérêt public.

Appel aux décideurs

Les décideurs ont un rôle primordial à jouer face à cette myriade d’engagements. La Déclaration de Yaoundé lance un vibrant appel à tous ceux qui ont le pouvoir de décision à quelque niveau que ce soit, pour qu’ils agissent en facilitateurs plutôt qu’en perturbateurs. Ils sont appelés notamment à inscrire l’agroécologie parmi leurs priorités, à reconnaître et sécuriser les droits communautaires et coutumiers sur les terres et les territoires.

L’appel s’adresse aussi aux partenaires techniques et financiers. La Déclaration les exhorte entre autres à faire en sorte que qu’une bonne partie des financements parvienne aux organisations paysannes, aux femmes, aux jeunes, aux peuples autochtones et aux communautés locales. Les projecteurs sont ici braqués prioritairement sur des entités telles que : le Fonds vert pour le climat ; le Fonds pour l’environnement mondial ;  l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI) ; le Programme pour des économies forestières durables dans le Bassin du Congo (SCBFEP) ; le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ; et la Banque africaine de développement.

Rendez-vous à la troisième conférence du Bassin du Congo !

La Déclaration de Yaoundé donne mandat à l’AFSA pour «mobiliser des financements en vue de la mise en œuvre de la COBCAI jusqu’à ce que l’unité régionale de coordination soit solide et en assume la responsabilité». Cette organisation se chargera également de transmettre la Déclaration en question à la Commission de l’Union africaine, à la CEEAC, à la CEMAC, à la CEDEAO, à l’IGAD, à la COMIFAC, à l’EAC, à la SADC, au COMESA, au Parlement panafricain, aux gouvernements des six pays du Bassin du Congo et des États voisins, ainsi qu’aux institutions de financement.

Des actions seront menées pour que le contenu de la Déclaration soit mis en œuvre dans les règles de l’art et que la troisième conférence soit optimisée. La date de cette prochaine rencontre n’a pas encore été dévoilée, mais les participants l’attendent avec impatience.

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